Suite aux échanges du 2 décembre à la M3Q

C'était un joyeux brouhaha que ce rassemblement dans la salle du Trèfle. On a eu le plaisir d'y recroiser quelques visages déjà aperçus lors de l'évènement de la place du marché, autre cadre, autre contexte et nouvelle forme. Après avoir présenté la raison d'être du collectif de l'Appel des appels 86, nous avons osé l'échange en ateliers participatifs. Nous avions la volonté d'entendre d'autres expériences et savoir-faire que les nôtres, loin de nous l'idée de nous présenter comme des experts de ce qui se joue au travail, sujet qui nous tient à cœur parmi tant d'autres. L'ambiance se voulait détendue et ludique, avec la complicité d'Emmanuelle et de Valérie qui ont animé la soirée avec adresse.

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Le premier atelier s'est déroulé à partir de photos : chacun en choisissait une et y attribuait une idée en lien avec leur perception du travail, afin de la présenter aux autres. "Isolement, craquelure, impuissance, déshumanisation" sont des exemples parmi d'autres, faisant écho individuellement à certains dans leurs propres expériences. Les échanges se sont engagés assez spontanément, chacun étant libre d'être plus dans l'écoute que dans la parole. Car il s'agit d'un "exercice" pas si facile, d'en dire un peu sur soi individuellement, à tout un groupe !

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Lors du 2e atelier, ce sont des accessoires qui ont été le support de la parole des participants. Nous avions la liberté de nous glisser "dans la peau" d'un chef de service, d'un patient, d'un ouvrier, entre autres, à des places et fonctions différentes. A chacun de s'exprimer avec la consigne de se dire "si j'occupais telle place, pour améliorer les conditions de travail je ferai telle proposition". Le fil conducteur des propositions s'est révélé être la vigilance, l'attention que les individus portent aux autres. L'affirmation du fait que l'usager, le patient, le chef, le prisonnier, sont des êtres humains, qui travaillent avec d'autres êtres humains. Que les interactions, si elles sont parfois source de conflits et de souffrance dans les rapports de force, sont également porteuses de créativité, de transmission. Que pour se sentir individualisé dans une équipe, une institution, une entreprise dans lesquelles on se noie parfois, cela passe par la considération de notre parole. Celle là même qui permet de soulever les contradictions dans lesquelles on se trouve parfois au travail.

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Malgré le sérieux du sujet, les ateliers étaient ponctués de rires. Après les conclusions, un petit apéro offert par les membres du collectif est venu clore la soirée, moment où se sont poursuivis librement les échanges.

De ce moment, nous retiendrons que le groupe s'est révélé soutenant, facilitateur pour s'exprimer. Les participants se sont prêtés au jeu, montrant qu'individuellement dans un collectif, ils peuvent en fait se trouver des points communs, se retrouver dans certains propos. Être moins isolés et multiplier les forces pour une prise de conscience des aberrations : "ce qui me pose tant problème au travail, je ne suis pas le seul à le vivre". Parler pour s'individualiser, se rassembler pour mieux résister !